MES TECHNIQUES, OUTILS DE MA DEMARCHE


J’ai développé des techniques photographiques pour quelles soient les « outils » de ma démarche.
Tels, mes récents « Flou sur Fixe »

Le « Flou sur Fixe »
n’est pas un simple bougé, ni accidentel. C’est une technique photographique de prise de vue « one-shot » pur (sans la moindre retouche, ni au laboratoire, ni Photoshop ), technique que j’ai développée dans l’idée du geste unique et de l’instant unique.
« Tout se fait et tout se passe » exclusivement lors du quart de seconde de la prise de vue, comme pour une calligraphie qui ne peut être retouchée, et qui impose donc maîtrise du geste et démarche sûre.

J’ai voulu cet « outil » pour qu’il soit invitation et « facilitateur » à dépasser la vision au premier degré. Pour nous emmener directement au-delà du visible, en résonance avec l’imaginaire de chacun.
De ce fait, placées franchement au second degré et même au-delà, mes photos sont intentionnellement tournées vers « le Sacré de l’autre ».

Cette technique
n’est pas un simple bougé qui, dans ce cas donnerait un flou uniforme et plat sur toute l’image. Au contraire, j’ai voulu que le fixe se mêle au flou comme le réel côtoie le rêve.
« Le fixe » est proche de la netteté.
C’est ici un ancrage, notre ancrage, appui nécessaire (parfaitement maîtrisé dans certaines cultures animistes)  pour rendre possible un départ vers le Rêve sans folie ni égarement.
(Tel, le point qui reçoit et soutient la pointe du compas permet la Construction)

« Le flou » qui l’accompagne permet d’entrer dans l’image, d’y cheminer librement par notre imaginaire puisqu’il n’a pas de limite définie.
Il révèle ainsi l’impermanence de l’objet et de l’instant.
C’est une invitation à nous arrêter et à « faire silence » pour explorer notre imaginaire, à sortir de l’intellectualisation et ainsi entrer dans la Poésie.
C’est aussi une invitation à plus de profondeur et à l’introspection.

Ici, les arbres deviennent des personnages, tels des esprits que l’on peut sentir nous frôler,
qui font parfois peur puis nous rassurent, comme dans les contes de fées pour enfants.

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Plus loin, nous pouvons surprendre l’étreinte de deux arbres en plein élan amoureux…
(Guatemala)

C’est ainsi qu’aujourd’hui, toutes mes œuvres, argentiques comme numériques, sont empreintes de la même force de l’instant unique, sans la moindre retouche, telles des calligraphies ou premiers jets.
(One-shot)

Nomade, mes partances sur d’autres continents m’ont conduit vers des cultures animistes où le pouvoir du Rêve est fondamental. Ces rencontres ont été déterminantes dans mon choix du type de réflexion que je veux susciter en plaçant l’imaginaire au centre de valeurs universelles traditionnelles.

Nous accédons ainsi aux secrets de la forêt, de la même façon que pouvaient le faire nos lointains ancêtres que nous rejoignons, un instant, dans le « monde d’à côté », en retrouvant leurs émotions à travers leurs croyances.

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Ici, dans leur élan, les camions nous font pressentir ce qui va suivre…
A nous de choisir l’instant dont les conséquences seront ce que le pouvoir du rêve saura inventer.

 

 

44dsc_5300optim-w1600Si le « Flou sur Fixe » est l’outil de l’impermanence, j’utilise aussi pour tenter d’exprimer que « toute notion à son contraire », pour montrer en même temps « les deux versants de la montagne », une fondamentale de ma démarche.

Comme le montrent ces « tombes-boites » de béton, qui ne restent pas figées dans l’idée profane d’un mortel triste, mais irradient le spirituel pour annoncer une renaissance de « l’après-vie », tel un feu d’artifice.

Mais, pour que la Poésie retrouve toute sa place,
il nous faut oublier la technique
et lâcher l’intellectualisation de la photo.

dsc_7946nbDominique Perreau